Partager l'article ! VIVO EL SPIRITO EROICA: A la fin du récit de l’an passé, je me posais la question de notre retour en TOSCANE cette anné ...
mon beau
VELO
3 & 4
Légende
A la fin du récit de l’an passé, je me posais la question de notre retour en TOSCANE cette année. Vous avez la réponse. Avec nos épouses JEAN CLAUDE et moi nous sommes engagés en janvier pour l’édition 2010 de l’EROICA, bien décidés à mériter le titre d’ « EROICS » décerné aux participants qui bouclent le 205 kms . Petite déception, si les vélos n’ont pas de limite d’âge, il n’en est pas de même pour les hommes et malheureusement JEAN CLAUDE n’avait pas le droit de s’inscrire sur le 205 Kms.
Alors nous voilà résignés à retourner sur le 135 kms. Comme l’an passé, préparation des vélos bien avant l’épreuve. Changement d’esprit par rapport à l’an dernier ou le tout campa nous avait accompagnés, cette année la fibre nationale domine et nous avons décidé de montrer les marques françaises. JEAN CLAUDE, ayant déniché un COUPRY 1960 tout REYNOLDS 531 avec des superbes raccords, en matériel français plateau STRONLIGHT, dérailleur SIMPLEX, freins MAFAC moyeux MAXICAR jantes SUPER CHAMPION, selle BROOKS, et pour moi l’HIRONDELLE MANUFRANCE 1969 aperçu déjà sur le blog également en tout français. Sauf que cette année, nous avons tiré profit de notre expérience 2009. Développements adaptés et boyaux de cyclo - cross. Pour les plateaux, le matériel français permet le montage de 38 dents que n’accepte pas le CAMPA de l’époque. Pour les boyaux pas facile car le marché est petit et sur le haut de gamme assez cher et trop récent, JEAN CLAUDE trouve sa vie chez son vieux complice (un marchand de cycles retraité d’un village proche de Marseille). En fouillant sur internet, j’ai déniché par un ancien coursier de l’ACBB une paire de fameux boyaux « tchèques » que l’on appelait ainsi car la marque (AVONITSPORT) était invisible (et difficile à prononcer), seul apparaissait clairement CROSS SPORT 500 BUTYL. Ces boyaux étaient plus vendus aux bords des routes que dans les cycles. Par contre, cela devait faire un moment qu’ils séchaient replier sur eux mêmes, car pour les monter ……bonjour j’ai fait exploser une jante de séchage, et même après quelques jours de gonflage sur jante, épreuve de force au collage. Ensuite essai sur route avec gros sauts démontage et remontage et toujours sauts. Tant pis sur le bitume ça secoue ,sur la terre cela passe. On reste comme ca, c’est aussi cela le charme du matériel ancien. La perfection est une notion relativement moderne et marketing. Pour les tenues JEAN CLAUDE avait un maillot PAYAN de l’Excelsior de Marseille et moi j’ai ressorti le maillot SONOLOR de mon club du C.C.COURNEUVIEN cher au président MORON. Que du français pour bien nous faire identifier dans cette marée de confection laine et coton italienne .
Nous nous sommes très sérieusement préparés en alignant les sorties longues. Malheureusement ma prothèse de hanche s’est luxée une demie heure avant le départ des BOSSES DU 13 (voir article MON HERO DES BOSSES). Séjour aux urgences pas prévu dans la préparation, (JEAN CLAUDE en souci avec sa maman ) nous sommes donc partis dans des conditions moyennes en TOSCANE. Ceci nous amenant pendant le voyage à réfléchir sur la distance que nous allions choisir. En approfondissant notre réflexion, nous avions constaté l’an passé qu’en partant à 5H30 nous étions seuls, sauf aux ravitaillements et que pendant la randonnée nous n’avions pas roulé souvent accompagnés. Il nous restait une petite frustration de ce manque de foule, même si nous avions bien senti l’ambiance et l’esprit. Bien évidemment comme dans toutes les cyclos, la grande majorité des participants se tournent vers les petites randonnées.
Amicalement et prudemment encouragés par nos épouses, on s’orienta vers le 75 kms qui devait être plus fréquenté que les longues distances. De plus, le circuit montant au nord de GAIOLE vers RADDA nous permettra de découvrir d’autres paysages.
Nous ne nous sommes pas trompés en arrivant sur le coup de 8h15 sur la Piazza RICSOLI, la foule des grands jours nous attend avec un peloton qui s’étire jusqu'à la charcuterie CHINI, un dingue de vélo et de BARTALI où dans la boutique pendent entre les jambons et les saucissons, les maillots historiques de sa carrière cycliste (photos). Un personnage folklorique qui suit tous les ans la course dans la FIAT avec, sur la galerie, le fut en osier de CHIANTI, le jambon et la sono d’époque (photo)
Des vélos, des maillots d’époque à profusion sur les 500 de la première vague, avec lesquels nous attendions le départ. Il y avait au moins 400 maillots différents, tous d’époque. A se demander combien de clubs de vélo existent en Italie? C’est inépuisable et dans les 100 qui restent, des groupes de 10 /15 qui portent tous fièrement l’ancien maillot de leur club. Bien que commencent à arriver des fades copies de l’époque MERCKX FAEMA avec des vélos vintage neufs (un petit groupe Belge), de très belles créations laines pour des clubs de vélos anciens italiens, grande classe et très beaux vélos vraiment d’époque parfaitement restaurés.
Impressionnante foule émouvante et colorée, du verbe haut, des invectives, des rires du « chambrage » (même si on ne parle pas la langue, on comprend bien que cela blague) Formidable salon du cycle historique vivant, avec accessoires. Je ne sais pas s’il y a un rapport direct avec les problèmes récurrents de ramassage d’ordures en Italie, mais ces gens là ne jettent rien, depuis des générations. A moins que le culte de la bicyclette transforme en sacrilège la destruction du mythique objet. Je penche un peu pour ce motif car pour réunir 3400 participants un même jour en un même lieu, avec cette gigantesque collection, il faut être dans un pays ou le cyclisme est plus qu’un sport ….c’est une religion.
Quelle qualité de mémoire et de culture vélo pour tout ce peuple de tifosi. Je ressens la même impression qu’à la FAUSTO COPPI: ils sont là pour rendre hommage aux héros de leur sport en communion et se moquent totalement de la performance, l’humilité trône devant les géants de la route, l’amateur reprend sa place aux pieds des statues, les mythes l’emportent sur l’égoïsme de son petit résultat. Comment peut- on arriver à faire abandonner « la Bella figura » légendaire des transalpins, les rois réputés de la frime, pour les retrouver, tous pour ce jour là, avec des maillots râpés, pendant sur les fesses, des cuissards en accordéons, perchés sur des vieux clous à l’émaillage irrégulier et aux chromes fatigués de rouille.
C’est le miracle de l’EROICA. Honneur et gloire aux anciens sans trop de nostalgie.
Connaissant la mentalité de nos cyclosportifs, pour la plupart vocation tardive, au point de confondre la mode vintage et la légende du cycle. Ce n’est pas gagné de retrouver ce désintéressement du résultat au profit de l’esprit chez nous.
Alors nous voulions du monde et bien nous en avions. JEAN CLAUDE en expert tournait la tête dans tous les sens comme un gyrophare de voiture ouvreuse pour découvrir des merveilles d’innovation et de recherche voir de bricolage, dans les années « post marketing » où un petit artisan avec une plaque arrondie percée de quatre trous le long de la manette de dérailleur préfigurait de l’indexation. (Photo)
Comme dans toutes les manifestations sportives, il y avait ceux qui cherchaient la caméra ou l’appareil photo en se présentant avec quelques aménagements comiques comme des bouteilles de CHIANTI fixées de chaque coté d’un casque ou le saucisson et le jambon accrochés dans le dos. Il faut préciser que sur le 34 kms tous les types de vélos avant 87 sont autorisés, ce qui nous a fait croiser un gars en vélo de facteur avec un hibou grand duc magnifique sur le guidon.
Le speaker annonce le départ donné, je crois bien par FRANCESCO MOSER, et nous voilà partis pour notre périple 2010 avec des conditions météo limite : pluie mais encore sec pour le moment.
A force de naviguer sur internet pour échanger du matériel, JEAN CLAUDE s’est fait copain avec un autre JEAN CLAUDE originaire de CLERMONT FERRANT et fondu d’historique au point de se laisser pousser la moustache d’époque ,accompagné par sa femme CATHERINE habillée en costume CHARLESTON (photo )et de faire le 75 sur un LE CHEMINEAU de 1929 (comme quoi il y en a qui bosse encore après 50 ans)(pour en savoir plus, allez sur le site TONTON VELO) ,un truc de malade . Donc nous faisons route commune avec l’auvergnat et nos épouses NICOLE et JEANINE nous suivent en voiture pilotée par CATHERINE.
Les premiers tronçons sont identiques au 135 de l’an passé, passage au château de BROGLIO avec encore les feux des bougies allumées dans la montée malgré le jour. Premier passage sur les routes blanches et vérification que les boyaux cross sont les plus adaptés pour passer dans les graviers marbreux de TOSCANE. Retour sur le bitume jusqu'à PIANELLA et remontée par VAGLIAGLA sur des chemins qui serpentent dans la foret (beaucoup moins rectiligne que les alentours de SIENNE). Passage à SAINT FEDEL puis SAINT GUISTO IN SAICIO pour filer sur RADDA, merveille de village fortifié. C’est le moment que choisit la pluie pour s’inviter à la fête, ce qui compliqua un peu notre traversée du centre historique sur les pavés médiévaux. Apposition du tampon de contrôle devant le PALAIS de PODESTAT à la façade ornée des armoiries des plus éminentes familles de RADDA. Arrêt au ravitaillement sous des trombes d’eau, petit coucou aux accompagnatrices (photo) et long passage bitume jusqu'à LUCARELLI et PANZANNO (où la pluie a cessé) avant d’attaquer la remontée sur VOLPAIA par l’ascension du MONTEMAGGIO (cela ne s’invente pas mon copain JEAN CLAUDE s’appelant MAGGIO). Et c’est là que nos modifications de matériel s’avérèrent adaptées et nous permirent de passer la totalité de la bosse sans mettre pied à terre. Au sommet, contrôle et ravito. Puis direction VERTINE pour le dernier passage en « STRADA BIANCA » et l’arrivée sur GAIOLE. Il est 13 h 10.
Avec la pluie un petit air de coursiers arrivant sur PARIS- ROUBAIX, version « blanche » surtout pour les Eroics !
Cette année, pas d’accident grave sur l’épreuve donc après la douche et la pizza, nous avons pris plaisir d’assister à l’arrivée de nombreux concurrents des HEROICS et au concert de l’harmonie de GAIOLE et ses airs typiques. Au passage, nous avons constaté qu’avant de remettre le certificat d’EROICS, les officiels vérifiaient la conformité des machines. C’est ainsi qu’un petit rigolo qui avait installé des pédales automatiques de vtt sur ses pédales à cale pieds et courroies s’est fait descendre du podium sans diplôme.
Bon choix, nous en avons vu cette année des figures de coursiers de légende, ce «PEPE» derrière qui JEAN CLAUDE me fit rester pour regarder son changement de pignon (il n’en avait que 2) en rétropédalage (ce que l’on appelle le retro-direct) et ces noms de club, NUOVO PIGNONE (photo), ce gamin avec une tunique l’AUTO (photo) dont il ne connaissait pas l’origine. Mais qu’elle fut ma surprise quand je rejoignis un petit blond vêtu d’un maillot arborant une pub pour un garage FORD d’AUBERVILLIERS. Arrivé à sa hauteur, je lui lance avec mon accent de SEINE SAINT DENIS «alors le gars d’auber!», et le type me regarde d’une manière qui me fit comprendre qu’il n’était pas français, encore moins d’AUBERVILLIERS. Déception…le type était apparemment hollandais et avait probablement acheté le paletot vintage sur internet sans avoir aucune idée de l’origine de la pub qu’il portait.
Pas très grave mais significatif d’une constatation déjà amorcée l’an passé, le business s’empare doucement du monument historique. Impossible de lutter contre les copies qui commencent à remplacer les reliques, le tout est de faire son tri entre les professionnels intéressés et les amateurs passionnés comme toujours dans le sport.
Mais c’est clair si vous avez connu l’époque du cyclisme où nous courrions tous, sur pratiquement les même machines, où le look passait au second plan, quand le maillot du club devait durer deux saisons, où la diététique sportive n’existait pas, quand les pates de fruits et les morceaux de sucre remplaçaient les barres composites, étouffent chrétiens à la composition inconnue et aux vertus miracles.
Et même si vous ne l’avez pas connu, foncez à GAIOLE IN CHIANTI, le premier dimanche d’octobre participer à l’EROICA incomparable événement cycliste.
Si vous êtes un guerrier, offrez vous le titre d’EROICS sinon, passez de bons moments avec ce que l’on fait de mieux en matière de culture cycliste et de paysages.
Merci encore à NICOLE pour son guidage touristique très au point, grâce à ses progrès en italien, belle visite de SAN GIMIGNANO. Merci à JEAN CLAUDE pour ses prouesses techniques. Merci à JEANINE pour sa présence et Merci à tous les trois de m’avoir accompagné dans cette aventure que j’ai eu un peu de mal à apprécier pleinement à cause de mes craintes physiques. Donc ………….il faudra probablement que j’y retourne dans de meilleures conditions ?